TERA Visite de l’écovillage. Une lueur d’espoir

Nous avons visité l’écosystème TERA  qui est situé dans le Lot-et-Garonne.

 

Durant cette journée nous avons pu découvrir leur modèle économique innovant.

 

J’aimerais ici discuter des points positifs et des questions que je me pose suite à cette visite de TERA.

 

Comme dans toutes les tentatives des créations d’écovillage, il se pose tôt ou tard la question des moyens économiques de subsistance.

 

Comme le dit Frédéric “on ne crée pas un écosystème en achetant un terrain et en lançant des graines en l’air”. Cela ne fait pas un modèle économique robuste pour l’avenir.

 

L’architecture du système économique TERA est issue d’une réflexion brillante et complexe.

 

Vivre sans échanger de l’argent avec la société est une utopie.

 

TERA pose la nécessité de construire dès le départ une structure économique (un business model). Je suis tout à fait d’accord avec ce point car il faut penser dès le départ aux difficultés à venir une fois les maisons construites et le jardin cultivé.

 

Sinon que se passe-t-il quand vous devez changer un panneau solaire,  un poêle bouilleur, une pompe… si votre système ne produit pas suffisamment de richesses vous serez incapable de faire réparer ou de changer des pièces vitales à votre résilience.

 

Il faut donc dès le départ penser un modèle économique et résilient à partir de la parcelle de terrain que l’on achète.

 

Croire que l’on peut vivre en autarcie complète sans aucun échange avec l’extérieur notamment économique est une négation du fonctionnement même de la vie. La nature est un vaste réseau de systèmes entrelacés.

 

Frédéric fondateur de TERA nous a donc exposé comment il comptait développer l’écosystème. Dans un premier temps les dons en argent et les dons en temps on fait démarrer le système.

 

Frédéric continue en nous expliquant   qu’il a demandé des financements aux différentes structures comme la région, la ville, l’Europe…  mais ce qui est novateur c’est son intention de rendre “bankable” financièrement le système TERA.

 

En effet il souhaite inciter financièrement les entreprises et autres personnes morales à investir de l’argent dans ce système pour en récupérer des intérêts.

 

2% d’intérêts pour être exact financés par le compte courant d’associé de la structure

 

Je vais maintenant rentrer un peu plus dans le détail car ce point m’intéresse particulièrement parce qu’il permet d’aspirer l’argent de l’économie actuel dans une économie de résilience à caractère social humaine et écologique. Nous pourrions presque parler de “blanchiment d’argent à destination écologique et humaniste”.

 

Ce blanchiment à lieu notamment lors de la conversion en monnaie locale qui n’accepte dans son réseau que des acteurs qui respectent l’homme et la nature.

 

Je veux vous faire savoir toute ma motivation et tout mon enthousiasme vis-à-vis de cette idée car si elle fonctionne nous aurions les moyens de transformer notre système économique destructeur de l’environnement et socialement injuste en quelque chose de vertueux.

 

Merci à ceux qui ont contribué à élaborer ce système. Ils apportent de l’espoir à l’humanité.

TERA  je m’interroge sur certains points…

 

1/ Comment un système respectueux de la nature et de l’humain peut-il être plus productif que le système actuel qui ne possède pas ces contraintes supplémentaires ?

 

2/ Comment un système respectueux de la nature et de l’humain peut rémunérer à hauteur de 2% ses investisseurs ?

 

3/ Enfin est-ce qu’un système décroissant peut fournir plus de bonheur à ses habitants qu’un système qui cherche la croissance perpétuelle (dans un monde fini) afin de redistribuer toujours plus de richesses à chacun ? (théorie économique du libéralisme)

 

Je vais tout de suite préciser vis-à-vis de la question numéro 3 que nous serons à terme de toute façon obligé de décroître.

 

Les ressources de la planète ne sont pas infinie… loin de là.

 

Il vaut donc mieux expérimenter le plus tôt possible des systèmes décroissants  avant que tout le système ne se mette à décroître ou à s’effondrer…

 

Concernant ces sujets vous pouvez consulter mes autres articles sur ensembleversmondemeilleur.com

Question numéro 1.

 

Notre système actuel est basé sur une croissance perpétuelle et cette croissance est fournie en très grande partie par la capacité des machines à produire de la valeur. (La puissance productive des humains est aujourd’hui quasiment négligeable. Je vous renvoie au cours donné par le PolyTechnicien Jean-Marc Jancovici à l’école des Mines de Paris que vous trouverez sur YouTube).

 

Si les machines produisent la quasi-totalité de la valeur elles le font en épuisant les matières premières dans l’environnement et en consommant de l’énergie fossile ou non renouvelable pour la très grande majorité.

 

La puissance de l’énergie nucléaire et  des énergies fossiles est des milliers de fois supérieure à celle d’un être humain.

 

(Aujourd’hui, grâce à l’énergie disponible, l’homme pourrait même se prendre pour Dieu !)

 

Ce point est fondamental dans mon raisonnement.

 

Comment dès lors substituer le travail des machines par des humains à un rendement égal ou supérieur. Humains que l’on doit au minimum rémunérer au SMIC et traiter avec toute la décence nécessaire.

 

Je vous rappelle qu’une machine ne se fatigue pas,  ne prends pas de congé, ne fais pas grève et produit un travail d’une puissance 1000 fois supérieure à celle d’un homme.

 

(c’est bien entendu un simple ordre de grandeur).

 

Concrètement comment remplacer le travail quotidien de 25 hectares d’un céréalier seul sur son tracteur par le travail de centaines d’hommes tout en restant économiquement viable ?

Question numéro 2

 

L’écosystème naturel est une force de travail exceptionnellement supérieure à celle de toutes les machines et de l’humanité et cette force se développe de façon exponentielle…  mais relativement lentement face à l’accélération de notre puissance de destruction.

 

Si vous laissez un terrain en friche pendant une trentaine d’années alors à votre retour vous y trouverez une forêt.

 

Pour cela vous n’aurez aucun travail à fournir !!

 

L’écosystème naturel aura restauré le terrain à son plus haut potentiel de vie.

 

Si les humains sont capables de se connecter et de diriger l’énergie de la nature en leur faveur, par exemple en faisant de la permaculture ou des forêts nourricières alors il se peut très fortement que nous puissions, sans aucune machine, développer une économie florissante avec un travail restreint, en respectant la nature et en respectant l’homme.

 

Les études faites à l’INRA auprès de la ferme du Bec Hellouin  montre des résultats plus que satisfaisants: ils sont enthousiasmants.

 

De mémoire après quelques années ils sont capables de produire plus de 50000 € de chiffre d’affaire sur une parcelle totalement cultivée de 1000 mètres carrés seulement.  évidemment ils respectent la nature et emploient des hommes heureux de travailler dans ces conditions.

 

Je me pose la question de savoir si ce sera suffisant pour pouvoir verser 2% de rendement financier CHAQUE année à des investisseurs (même sans jamais leur rendre le capital investi).

 

Je n’ai pas de réponse immédiate. Cela paraît plus complexe qu’il n’y paraît…

 

Combien de personnes doivent travailler la terre pour produire 50000€ de CA ?

 

Quels sont les coûts de départ (formations, terrain, matériel…) ?

 

Nous devrions nous fournir les chiffres de l’étude autour du projet du Bec Hellouin.

 

Je reste très excité de voir ce que va donner le projet TERA.

Question numéro 3 et dernière pour TERA,

 

en admettant que ce système économique soit finalement décroissant,

 

la bonne question est de se demander si nous serions plus heureux dans un système décroissant que dans le système actuel qui nous pousse à toujours plus de rendement, de vitesse et de concurrence et qui répartit si mal les richesses?

 

J’imagine que dans ce système décroissants nous ne pourrions plus prendre l’avion tous les mois ou même voyager en Thaïlande pour les vacances. Peut-être même que posséder une voiture individuelle ne serait plus au programme.

 

Mais franchement est-ce bien là l’essence du bonheur ? nous avons tous des besoins fondamentaux: boire, manger, se chauffer, se vêtir, être aimé, participer à quelque chose de plus grand que nous,  donner du sens à sa vie, se sentir relié aux autres, avoir une bonne estime de soi et préserver pour les générations futures un écosystème viable.

 

Quand nous comparons nos besoins essentiels aux pouvoirs surhumains que nous fournissent la technologie et les énergies fossiles,  il y a de quoi se sentir complètement schizophrène !

 

La publicité et le marketing nous dit que nous devrions voyager, posséder de grosses voitures,  se faire plaisir, avoir des piscines et des home cinéma… mais qu’est-ce qui est réellement essentiel pour nous ?

 

Je finirai par une autre question

 

Contre quoi serions nous prêt à perdre notre humanité et mettre en danger les générations futures ?

 

Romuald

le site de TERA http://www.tera.coop/

 

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