Comment faire face à l’effondrement et sortir de la peur ?

Si vous n’avez pas lu mon article précédent sur l’effondrement et ses causes, je vous invite à le faire avant de poursuivre votre lecture.

 

Comment faire face à l’effondrement et sortir de la peur ?

 

Je tiens d’abord à rappeler qu’il n’y a pas une solution mais tout un panel d’adaptations possibles en fonction de votre situation particulière.

 

Nous parlerons ici de l’adaptation que nous avons choisie, Thibault et moi pour nos familles.

 

Quand on parle d’effondrement, il y a deux choses à distinguer: les causes et les mécanismes, puis la recherche de solutions.

 

Bien souvent nous passons un temps très important à comprendre pourquoi et comment l’effondrement civilisationnel va se produire. Cette période est très compliquée car elle engendre énormément de solitude et de stress au quotidien. En effet il n’est pas facile de parler d’un tel sujet avec des gens qui n’y sont pas sensibilisés. Donc on se sent très seul ou comme l’apporteur de mauvaises nouvelles.

 

L’article précédent que j’ai partagé avec vous propose une lecture synthétique de ma compréhension des causes de l’effondrement.

 

Un des travers de ce type de recherches, est que l’on pourrait passer son temps à rechercher des informations qui viendraient infirmer ou confirmer cet effondrement dans le seul but de se rassurer.

 

Tout cela n’est que temps perdu vis-à-vis de l’adaptation à mettre en place. Même si cette étape reste indispensable avant de passer à la suite…
Je suis persuadé que le seul moyen de se rassurer est de se construire le plus vite possible une situation résiliente.

 

Je vous engage donc à essayer de trouver de toutes vos forces une solution qui vous convient, plutôt que de brasser des informations contradictoires sur des choses horribles qui ne sont PAS ENCORE LA !

 

ça ne sert à rien d’avoir peur pour des choses qui n’existent pas encore. Il est par contre très utile de capter le signal d’alerte et d’AGIR tout de suite ! Il faut que dans votre mental vous arriviez à dissocier le signal de l’émotion de peur, car elle est paralysante et vous empêche de vous mettre en action pour créer et devenir votre solution.

 

Face à cette situation d’effondrement imminent, nous avons choisi de faire comme si le pire allait arriver dans les semaines à venir. On ne sait vraiment pas comment ça peut se passer… Puis d’accueillir chaque jour et chaque semaine supplémentaire comme une chance pour faire encore mieux, encore plus fraternel, encore plus joyeux et poursuivre notre projet vers la résilience globale.

 

On prend le signal et on agit (presque) sans appréhension.

 

Je crois sincèrement que le signal nous a fait nous retrancher sur d’anciens projets que nous avions laissé de côté mais qui prennent aujourd’hui tout leur sens, au vu de la situation. Nous avons été chercher en nous les adaptations qui nous rassurent depuis longtemps.

 

Quand j’avais 20 ans j’étais abonné à la revue Passerelle Eco et au magazine carnet de route.
Passerelle Eco est le magazine des ecovillages, j’avais très envie, déjà, de vivre autrement et de partager différemment ma vie avec les autres. Ce projet n’est resté qu’à l’état de rêve pendant 20 ans…
J’ai préféré mettre en application le nomadisme en m’inspirant du magazine carnet de route, en parcourant les montagnes de France.

 

La peur fut le déclencheur de notre projet mais pas sa raison d’être profonde. Aujourd’hui, la peur ne représente plus qu’un signal et nous oblige seulement à faire au plus vite. Tout le reste est basé sur la joie.

 

J’ai personnellement besoin de tout faire pour mettre à l’abri les miens. Je n’ai pas peur de mourir. J’ai été confronté personnellement à plusieurs reprises à la mort. J’ai juste le besoin d’être à la hauteur en tant que mari et père. Échouer là où mon père a échoué, voilà ce qui me terrorise. Au delà de ça, je suis dans l’Acceptation.

 

J’ai une forme de gratitude pour la peur qui a su m’alerter à temps et qui m’a permis de réagir en conséquence. Aussi, je refuse l’idée que la peur est toxique. Il faut savoir la reconnaître, la regarder en face, sans la fuir.

 

Ce qui est toxique c’est d’avoir peur de la peur !

 

Fuir la peur est le meilleur moyen de rester dans le déni et de se laisser envahir par des problèmes que l’on a laisser grossir.

 

Mais nous avons aussi choisi que nos vies ne devaient pas être orientée par la peur.

 

Il y a quelques choses de grand et d’immense en nous capable d’absorber n’importe quelle peur. Cette puissance nous permet ensuite de retrouver le calme intérieur pour agir sereinement.

 

Nous avons donc décidé de rentrer en décroissance et cela pour deux raisons principales.

 

Premièrement, le capitalisme et le consumérisme sont, pour nous, les causes premières de l’effondrement à venir. Notre société est basée sur la consommation et la production de masse grâce notamment à l’endettement bancaire et à la publicité.

 

Cette société s’est construite sur un dogme économique ne prenant pas en considération l’environnement. L’eau, le vent, le pétrole, le soleil sont gratuits et à disposition de tous.

 

Il est donc impensable qu’une solution écologique et humaniste puisse émerger de cette religion consumériste niant son environnement.
Plus nous continuerons à faire fonctionner ce système plus nous serons responsables de la dégradation de l’environnement sous toutes ses formes. (voir le mouvement extinction rébellion ou la deep green resistance par exemple)

 

L’arrivée au pouvoir du néolibéralisme depuis les années 80, prône le libre-échange, le marché Roi, la théorie fumeuse de la main invisible pour la juste répartition des biens entre tous. Ce néolibéralisme est une catastrophe pour l’environnement, pour le vivant et pour l’humain. Il n’y a qu’à voir comment les inégalités progressent. Ce système enrichit toujours les mêmes, appauvrit les autres et détruit tout sur son passage.

 

Nous aimerions prendre un maximum de distance avec ce système inégalitaire, injuste et violent. Le système se défend par une dure répression vis à vis de tous ceux qui manifestent pour un changement radical.

 

Deuxièmement la décroissance est surtout une solution en soi pour vivre mieux et plus heureux.
La majorité du peuple se lève le matin pour gagner de l’argent afin de rembourser ces différents crédits: maison, voiture, consommation… Nous achetons trop de choses dont nous n’avons pas les moyens et surtout dont nous n’avons pas vraiment besoin. La publicité et les médias intoxiquent le cerveau du peuple.

 

Face à l’effondrement, faire autrement est une solution.

 

Au lieu de contracter un crédit de 300000 € dans une ville chère mais qui offre beaucoup d’emploi, nous avons choisi d’acheter 20 fois plus de terrain dans un lieu dont personne ne veut… nous allons y auto-construire nos maisons pour seulement 80000 €. Les 220000 € de différence, nous n’aurons jamais à les rembourser, et encore moins à travailler pour cela.

 

Si donnez, 1500€ en moyenne par mois pour votre emprunt bancaire, cela représente plus de 12 années à ne pas travailler pour rembourser le crédit ! De quoi vous donner un peu de liberté et d’autonomie !

 

Nos maisons vont être passives et ne consomment quasiment pas d’énergie. Nous allons donc économiser les factures de gaz et d’électricité grâce à l’aide de nos panneaux solaires.

 

Nous ne consommeront que de l’eau de pluie potabilisée. Donc nous n’aurons plus de facture d’eau à payer.

 

Il est même probable que nous n’aurons pas de frais de raccordement aux réseaux… si on ne se raccorde pas ! Encore quelques dizaines de milliers d’euros…

 

Sur nos deux hectares nous allons planter 150 arbres fruitiers et faire pousser grâce à la permaculture les légumes dont nous aurons besoin. objectif 80% d’autonomie à 5 ans.

 

à 30Kg par arbre (et beaucoup plus) nous aurons donc à terme 4.5 Tonnes de fruits à manger ou échanger ou vendre (2000€/ Tonnes) !

 

Les poules et leurs oeufs viendront compléter nos repas (et nettoyer et fertiliser le potager).

 

A ce moment du calculs nous aurons déjà divisés par 3 nos charges. Plus de crédit, plus d’électricité, de gaz et de chauffage et plus d’eau. Et deux fois moins d’alimentation.

 

Si nous pouvons faire bien vivre une famille de trois personnes avec moins de 500 € par mois, alors il n’est plus nécessaire d’avoir deux emplois, ni deux voitures pour assurer déplacements professionnels. Car oui, travailler, ça coûte cher !

 

Et oui ! les économies s’enchaînent.

 

Nous pourrions même penser accumuler deux mi-temps un pour chaque famille et se partager la même voiture pour assurer ces deux emplois.

 

Mais la réalité est que nous n’avons pas forcément besoin de travailler !

 

Nous pouvons vendre nos fruits et nos légumes dans un premier temps.
Puis nous pourrions construire des bâtiments annexes pour héberger des voyageurs. Ces revenus locatifs compléteront en grande partie le reste de nos besoins financiers.

 

Alors qu’allons-nous faire de notre temps si nous n’avons plus besoin de travailler ?

 

Nous allons simplement faire ce qui nous motive ! Construire nos maisons, acheter des terres pour y planter d’autres arbres fruitiers, aider d’autres gens à s’installer, participer à l’économie locale dans un SEL ou grâce à une monnaie locale, ouvrir des lieux d’accueil, participer à une AMAP, mettre en place une recyclerie, échanger des graines…

 

Bref les possibilités sont infinies quand on a plus besoin de “gagner sa vie”. Moins vous aurez de charge plus vous aurez de liberté.

 

Evidemment il faudra faire attention de ne pas retomber dans le piège du consumérisme !!

 

Mais pour cela il y a quelques moyen efficace comme la lecture, la culture, débattre, fuir les publicités, éviter de regarder la télévision (car même les séries diffusent une vision de la “réalité”), et ne jamais contracter de mauvaise dette. (une mauvaise date est celle qui vous oblige à travailler pour la rembourser).

 

Dans notre prochain article, on vous présente les lieux !

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